Suzanne

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Réalisateur :
  Katell QUILLEVERE
Acteurs :
  Sara Forestier, François Damiens, Adèle Haenel, ...
     
Genre :
  Drame
Durée :
  1 h 35
Date de sortie :
  18/12/2013
Titre original :
  Suzanne
 
Note "critique" :
  3,50
 Classement 2013
  6 / 163

Résumé :
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Suzanne vit avec son père, veuf, et sa jeune sœur. Un jour, la jeune fille rencontre l'amour et quitte tout pour lui, abandonnant même l'enfant qu'elle a eu adolescente avec un autre.
.O.

Xavier
@ @ @

.O.
29/12/2013
L’avantage des « marathons ciné » qui me voient enchainer quatre films ou plus, c’est que certains films trouvent directement une résonnance particulière avec leurs « voisins » vu quelques minutes/heures auparavant. Ce fut le cas pour « Suzanne » que j’ai vu dans la foulée de « Don Jon » et, comme les deux films sont de qualités, ils se nourrissent mutuellement et se portent vers le haut ce qui est assez rare pour être signalé.

La forme choisie par Katell Quillévéré est assez rare au cinéma, les ellipses qui permettent de suivre quasiment trente ans de la vie de son personnage principal donnant l’impression d’avoir des nouvelles de temps en temps d’une amie que l’on a connue à l’école et qu’on a perdue de vue depuis… on s’intéresse à ce qu’elle est devenue mais on n’a pas le temps de combler les quelques années qui se sont écoulées depuis la dernière fois où l’on s’est croisé ce qui oblige à prendre le train en route pour essayer de se remettre à la page :-)

À la manière des impressionnistes, la vie de cette famille « banale » apparait par petite touche pour aboutir à un tableau d’une noirceur assez étonnante. Le film plongerait volontiers le plus optimiste des hommes dans une belle déprime si les enfants ne montraient une capacité à dépasser cela, en quelques scènes loin d’être guimauve, alors que notre regard d’adulte donne envie de « juger » durement Suzanne, plus pour ses manques familiaux que pour ses délits divers et variés.

Après la vision désenchantée puis bisounours de « Don Jon » qui donnait sa version de « l’amour pour les hommes  en 2013», titre pompeux mais qui pourrait traduire cette volonté de faire réfléchir à ce que l’on attend de l’amour au 21 ème siècle, voici le symétrique « l’amour pour les femmes en 2013 » avec Suzanne qui tombe amoureuse et envoi tout valdinguer… est-ce qu’être amoureux c’est être égoïste et ne penser qu’à soit (= son couple ici) ? Question intrigante quand le problème semble se renverser si facilement pour dire que le célibataire pourrait être celui qui refuse de faire des concessions et pense trop à lui pour pouvoir partager…

Les similitudes entre les deux films sont troublantes : l’amour rend heureux dans un premier temps mais mène à chaque fois dans une impasse ! Brrrr, on est loin des comédies romantiques avec prince et princesse qui ont plein d’enfants et vivent dans un joli château ! Ces films vont plus loin en montrant qu’un amour très fort ne pourrait se vivre qu’en se reniant (Don Jon) ou en reniant ceux qui nous entourent (Suzanne). Dites, je ne suis pas contre les films pessimistes, bien au contraire, mais là ça fait vraiment broyer du noir cette vision du couple !

Le film français ne cherche pas de rédemption à la différence de son confrère américain et le voir fait réfléchir à sa vie, à l’influence qu’on a (volontairement où non) sur les gens qui nous entourent et la manière dont on témoigne de l’importance qu’ils ont pour nous. Si le personnage du père permet à François Damiens de sortir de ses habituels rôles de comiques (avec malheureusement des changements de visages obligatoires mais pas toujours convaincants), c’est Adèle Haenel qui dans un rôle tout en retrait, m’a totalement convaincu. Sœur toujours présente, témoin de ce que la vie semble « attendre » d’un Homme lambda alors que sa sœur envoie valser les conventions, elle traverse le film dans l’ombre ce qui ne l’empêche pas d’être le seul point d’appui solide de cette famille décomposée.

Moins présente que Suzanne à l’écran, elle est pourtant essentielle à l’histoire, permettant de remettre les pieds sur terre au spectateur qui pourrait se laisser embarquer dans le trip de cette héroïne qui pense pouvoir vivre d’amour et d’eau fraiche (et autres embrouilles moins recommandables). La réalisatrice laisse le spectateur et le père face au mystère de ses deux filles qui se perdent dans les vicissitudes de la vie, aucun chemin ne semblant mener facilement au bonheur, la maternité ne faisant pas exception à la règle.

Bref, « Suzanne » est un drame qui m’a vraiment embarqué ce qui n’arrive pas si souvent ce qui justifiera sa présence dans le Top10-15 de fin d'année. Une vraie découverte à ne pas rater si le genre ne vous rebute pas (je peux comprendre qu'en période de fête on cherche d'avantage un film qui détend !).
.O.


Première :
¤ ¤ ¤
 
Studio / Ciné Live :
# # # # (+)
.O.
Suzanne, c'est avant tout un sens du romanesque qui a plus à voir avec la littérature du XIXe siècle que du cinéma d'auteur français pépère. Quillévéré manie l'ellipse (son récit court sur près de trente ans) avec une virtuosité confondante et dessine ainsi les contours de son personnage principal à la force d'une mise en scène ciselée et précise comme du Flaubert. Dans le rôle de la sauvage Suzanne, Sara Forestier brille une nouvelle fois par sa façon d'entrer dans son personnage comme un ouragan. Face à elle, deux éléments devenus indispensables au cinéma: le tendre François Damiens et la puissante Adèle Haenel.
.O.

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