Le ciel attendra




 
Réalisateur :
  Marie-Castille MENTION-SCHAAR
Acteurs :
  Sandrine Bonnaire, Noémie Merlant, Clotilde Courau, ...
     
Genre :
  Drame
Durée :
  1 h 40 
Date de sortie :
  05/10/2016
Titre original :
  Le ciel attendra
   
Note "critique" :
  2,50
 Classement 2016
  14 / 106 

Résumé :
.O

xx
.O.
A 17 ans, Sonia a failli quitter les siens pour aller faire le djihad. Elle était convaincue que c'était le seul moyen d'aller au paradis. elle est finalement revenue à la raison. Mélanie, 16 ans, est une adolescente sans histoire. Mais sur internet, elle se met à discuter avec un "prince"...
.O.

Xavier
@ @ (+)

.O.
07/10/2016
Ce film laisse une drôle de sensation surtout lorsqu'il est vu avec sa copine et qu'elle vous dit en fin de séance que si les faits montrés à l'écran s'étaient produits dans sa jeunesse, elle serait sûrement tombée dans le panneau...

Discuter du film avec une collègue le lendemain et l'entendre dire que son fils avait un copain qu'elle connaissait bien parti faire le Jihad et mort l'année dernière en Syrie donne, là encore, un poids à ce qui est montré et renforce le sentiment d'incompréhension. La trajectoire de ces deux filles est intéressante et montre une des sûrement multiples filières de recrutement des jeunes. Qu'ils vivent dans des familles épanouies ou désœuvrées, la tactique est la même et m'a fait penser aux nombreux spams que l'on reçoit dans nos boîtes mails et que ma grand-mère me renvoie candidement en me demandant s'il faut répondre alors même qu'il est demandé le numéro de carte bancaire et le mot de passe (mais le message est bien siglé au nom de sa banque alors...). J'ai lu récemment un article ou il était expliqué que les spams comportaient volontairement des fautes grossières (style mauvaise traduction de l'anglais) ou des nombres improbables parce que cela "triait" déjà les personnes qui allaient répondre et donnait une idée de leur crédulité (et donc du temps qu'il était rentable de consacrer à l'arnaque en rapport avec les chances qu'elle avait d'aboutir !).  Cela me fait rire pour le moment (enfin, déjà beaucoup moins quand cela touche d'autres personnes que moi) mais qu'est-ce qui m'assure que je ne serais pas un jour moi même le dindon de la farce ?

L'humain est fort dans son pouvoir de nuisance et le film montre la toile se former autour de ces deux adolescentes, les parents démunis lorsque la situation éclate au grand jour et cette sensation qu'il est impossible de "sauver" tout le monde : 1 sur 10 000, 100 000 ou 1 000 000 cela fait déjà entre 60 et 6 000 personnes à qui l'on retournerait le cerveau pour en faire des pions dans un jeu qui les dépasse.

Le film, en se concentrant uniquement sur les deux jeunes filles ne se soulève qu'une petite partie du problème : comment accueillir des personnes parties faire le Jihad et qui souhaiteraient revenir en France ? Comment contrer ce sentiment d'injustice dans le monde qui donne envie à des personnes bien intentionnées de lancer une révolution et de la commencer en se mettant en accord avec leurs idéaux ?

Actuellement, dans "Quotidien" sur Canal +, un jeune journaliste est en contact avec un sauveteur et une institutrice à Alep, ville en état de siège et bombardée régulièrement... Les deux disent leur peu d'espoir de survivre à la situation à court terme mais leur volonté de ne pas perdre espoir et de faire de leur mieux pour que les choses évoluent pour les générations futures. Ces images me font repenser aux massacres entre les Hutus et les Tutsis il y a 20 ans et les infos qui nous étaient transmises aux différents JT. On entendait un nombre de morts, on voyait quelques images et l'on passait à la news suivante. J'avais 10 ans et n'avait pas conscience de ce que cela représentait et lorsque 15 ans plus tard j'ai vu des films sur le sujet ("Hotel Rwanda" et "Shooting dogs" notamment), je me suis demandé comment on avait pu rester inactif, entendre tout cela sans bouger... et je me rends compte que c’est toujours pareil aujourd'hui.

Que faire ? L’inactivité paraît une aberration mais prendre les armes ne résoudrait rien. On pense à la communauté internationale mais quand les USA sont en train d'élire leur président (et donc, laisse la politique extérieure aux oubliettes) et qu'on voit le poids politique de la France lorsqu'il s'agit de discuter avec la Russie, on se dit que ce n'est pas gagné.  

Je parle là d'un conflit mais il y en a bien d'autres à travers le monde et pour chacun la même idée : avoir plus que le voisin... Vivre en harmonie au 21e siècle, une utopie ? J'ai la chance d'être un privilégié vu le pays où j'habite et ma situation familiale mais que pourrais-je faire pour les autres ? Commencer à mon humble niveau en aidant les amis dans le besoin (avec du temps, de l'argent) et espérer que si tout le monde faisait cela, la vie serait meilleure ?
Ce film est profondément déprimant si l'on mène le raisonnement jusqu'à sa fin mais il remue et donne envie d'en savoir plus, de se renseigner, de discuter, d'avancer... en cela il est important bien qu'il me paraisse trop court au niveau de l'exposition des faits, que le mélange des genres (docu/fiction) soit "limite" (mais les explications de la réalisatrice se tiennent et de la même manière que je ne comprends pas la trajectoire de ces jeunes filles, je ne comprends pas trop ces thérapies)...

Que reste-t-il quelques jours après avoir vu le film ? La sensation qu'à défaut d'être un grand film - car très souvent je me suis dit qu'il était bien scolaire et faisait un peu trop penser au petit manuel contre la radicalisation qui pourrait être distribué à des adolescents - cette petite graine est loin d'être anodine et qu'elle m'aura permis de réfléchir un peu plus sur ce thème qui m'est étrangé, d'avoir des discussions intéressantes avec plusieurs personnes sur le sujet et l'envie d'en savoir plus. En ce sens, "Le ciel attendra" (quel joli titre qui a le bon goût d'être placé au bon moment dans le film) réussi là ou "L'Odyssée" s'égarait en narrant la vie du commandant Cousteau : "less is more" ? tout à fait
.O.

Première :
¤ ¤
 

Studio / Ciné Live :
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ou

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.O.
POUR : "Le Ciel attendra" est de ces films dont on ressort avec la boule au ventre, avec l'imrpession que le cinéma peut servir à qualeque chose.


CONTRE : Si on ne peut pas reprocher les intentions (...) de Marie-Castille Mention-Schaar (...), sa volonté un peu naïve de rendre ce récit "cinégénique" (...) donne à l'ensemble l'allure d'un "djihadisme pour les nuls".
.O.


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