L'Odysée




 
Réalisateur :
  Jérôme SALLE
Acteurs :
  Lambert Wilson, Pierre Niney, Audrey Tautou, ...
     
Genre :
  Biopic
Durée :
  2 h 00
Date de sortie :
  12/10/2016
Titre original :
  L'Odysée
   
Note "critique" :
  3,00
 Classement 2016
   

Résumé :
.O

xx
.O.
Grâce à son invention, un scaphandre autonome qui permet de respirer sous l'eau, Jacques-Yves Cousteau découvre un nouveau monde, celui de la mer. En 1950, il fait l'acquisition d'un vieux dragueur de mines et le transforme en navire océanographique. Son objectif : explorer le monde sous-marin...
.O.

Xavier
@ @

.O.
09/10/2016
Un film sur le commandant Cousteau,  avec Lambert Wilson, Audrey Tautou, Pierre Niney, ... et quasiment aucune publicité en amont que ce soit sur les bus ou dans le métro ? Que ce soit en bande-annonce avant les films ou sur les forums que je fréquente ? C'est vraiment bizarre...

C'est par hasard que je me suis retrouvé dans la grande salle des Halles pour une avant-première publique du film le dimanche précédent sa sortie. Pas de présentation spéciale, pas d'acteurs présents, une séance à 18h... tout cela sent le besoin de rajouter quelques entrées au moment de communiquer le box-office du premier jour et il faut croire que la stratégie était bonne puisque la salle affichait quasi complet !

J'ai grandi avec les BD du commandant Cousteau quand j'étais petit et les quelques images aperçues rappelaient le plaisir de plonger et lançaient à fond ma machine à rêves lorsque les paysages arctiques apparaissaient à l'écran...
Le résultat ? Un portrait impressionniste du commandant Cousteau à défaut d'un film impressionnant. Par où commencer ? C'est peut-être la question que se sont posés les scénaristes au moment de porter la vie de cet homme à l'écran. À défaut de trouver un angle d'attaque qui les inspirait, comme le font relativement bien les Américains (avec le récent "Jobs" en 3 dates ou le plus ancien "The Social Network" sur le patron de Facebook), ils sont partis sur une biographie qui narre 30 ans de la vie de cet homme. Pas besoin d'être un grand matheux pour voir que cela laisse à peine 4 minutes pour dérouler une année ce qui donne une sensation assez désagréable de zapping.

Il y avait de quoi faire 5 films avec les thématiques abordées dans cette "Odysée", de quoi faire une véritable série en plusieurs saisons mais comme ce n'est pas le format choisi et que les scénaristes n'ont pas su faire des choix, j'ai eu l'impression d'assister à une discussion du genre : "il ne faut pas oublier de dire cela !" , "ah oui mais dire ceci est aussi important", "ok mais on ne peut pas enlever cela", "bon d'accord on laisse tout".

Avec ce genre de raisonnement il fait être sacrément bon pour tout lier sans donner l'impression d'un édifice brinquebalent et Jérôme Salle n'est pas Fincher ou Boyle et sa proposition, très classique, ne sublime ni l'histoire ni les images de nature plus ou moins hostile.

Le personnage du commandant, campé par un Lambert Wilson que j'ai connu plus à son aise, ne transmet pas la "folie" qui devait habiter cet homme : Cousteau semble décrit à travers des anecdotes sans qu'on ressente la folie intérieure de ce homme prêt à tout pour vivre ses rêves.
La Calypso, bateau emblématique, devrait servir de référent absolu mais il en fait la base arrière de la femme de Cousteau alors qu'il la relègue rapidement au second plan. Les relations entre les deux sont d'ailleurs assez mal rendues et si l'on comprend que Cousteau est un coureur de jupons on ne voit que trop peu ce qui fait que sa femme s'attache à lui : le bateau, l'homme, la mission ? À chacun de choisir...

Les relations avec ses fils sont trop peu fouillées : pourquoi le second est aussi rapidement mis de côté malgré ses efforts pour aller dans le sens de son père ? Le premier fils a plus d'épaisseur mais, là encore, ses relations avec son père, avec l'équipage, avec sa femme, la difficulté de grandir dans l'ombre d'un père aussi connu ... tout cela est effleuré : est-il réellement casse coup ou veut il impressionner son monde, sa femme accepte bien facilement de le suivre en solo mais pas à bord de la Calypso, ...

Les associations contre natures pour récolter de l'argent (mécénat de la part de sociétés pétrolières...), la difficulté de faire à l'époque - et encore plus aujourd'hui - des choses qui ne rapportent pas d'argent mais qui sont au service de la communauté, le parallèle entre la course aux étoiles et la découverte du monde sous-marin, les effets de mode qui vont avec, les début de la téléréalité 30 ans avant Loana et ses copains du Loft, la naissance de l'écologie, ... quand je vous dit qu'il y avait de quoi tenir 12h !

Le plus gênant ? Malgré tout ce que j'écris, j'ai eu le temps de m'ennuyer pendant le film, entre scènes qui s'étirent trop longuement comme si le réalisateur voulait nous montrer qu'il sait composer un plan et manier la caméra, discussions redondantes et personnages qui s'engueulent alors qu'on ne ressent que si peu de tension une fois évacuées les relations père/fils. Cela se retrouve lorsque l'on passe sous l'eau : pour un plan que j'adore mais que j'avais déjà vu dans la bande annonce (les deux plongeurs couchés au fond de l'océan qui admirent le ciel) il y a 10 plans qui remplissent l'écran de bleu mais ne donnent pas la sensation d'être submergé : la belle baleine, les requins, ... on se croirait au zoo, dans un univers aseptisé. Quand on sort de l'eau, la caméra navigue mieux mais des images du "grand bleu" reviennent en mémoire et enfoncent en deux secondes cette odyssée bien modérée.

Pour découvrir le "personnage Cousteau" ce film est une bonne porte d'entrée qui respire l'honnêteté (à tel point que l'on sent trop souvent le côté "regardé, c'est aussi un ***") mais n'est pas parvenu à sublimer un excellent matériau de départ. Pour un film qui prend aux tripes et fait ressentir un peu de ce qui faisait la moelle de cet homme, un film qui ferait voyager et se sentir soit même un mini Cousteau, il faudra repasser...

Bref, ce n'est pas encore aujourd'hui que j'aurais trouvé mon film de l'année 2016 :-/
.O.

Première :
¤ ¤ ¤
 
Studio / Ciné Live :
# # # #
.O.
Il manque peut-être à cette odyssée un souffle épique, mais le réalisateur réussit la gageure de présenter un Cousteau qu'on a autant envie d'aimer que de détester.
.O.

Posté le : 29.10.2016
Auteur : Louis
Note :
Bonne critique
Une très bonne critique avec de bons arguments. Me donne envie de le voir.
Louis


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