Au-delà des montagnes




 
Réalisateur :
  Zhang-ke JIA
Acteurs :
  Zhao Tao, Zhang Yi, Jing Dong Liang, ...
     
Genre :
  Drame
Durée :
  2 h 10
Date de sortie :
  23/12/2015
Titre original :
  Shan He Gu Ren
   
Note "critique" :
  2,66
 Classement 2015
  6 / 145

Résumé :
.O

xx
.O.
En 1999, en Chine, Tao est courtisée par ses  amis d'enfance, Jinsheng et Liangzi. Liangzi est employé dans une mine de charbon, Jinsheng est propriétaire d'une station service. Cette romance à trois finit par avoir raison de l'amitié qui unissait les deux hommes, d'autant que Tao choisit d'épouser Jinsheng....
.O.

Xavier
@ @ @

.O.
06/01/2016
Voici le film qui est arrivé directement en tête du classement 2015 de notre thrasybule national, qui s'est retrouvé à la dernière minute qualifié dans le Top16 des films du forum pour notre tournoi annuel et qui l'a remporté ? Hum... mon amour pour le cinéma chinois est assez limité puisque je suis souvent resté en rase campagne alors que les critiques s'enthousiasmaient pour tel ou tel film qui me laissait de marbre ou, tout du moins, ne me procurait pas les émotions nécessaires pour rentrer dans ma catégorie des tops films...

De quoi parle ce film ? d'une histoire sur 3 temps, 1999, aujourd'hui et 2025, 3 temps qui paraissent à la fois si proche et si loin de nous... Cela fait un moment que mes élèves de 6e ont des dates de naissance dont l'année démarre par 2 0_ _ et la coupe du monde de foot en France commence à dater (oui, c'est idiot, mais ça fait un excellent marqueur temporel...). 2025 ? Dans 10 ans... enfin 9.... ça me paraît une éternité mais je me disais la même chose à 20 ans et j'ai dépassé les 30 ans ;-) Bref, peut-on parler d'une vie à travers 25 ans d'histoire ? Cela pourrait paraître court, mais finalement c'est possible et le film le fait diablement bien.

Commencer par la musique qui accompagne souvent l'entrée des joueurs du PSG était un clin d'oeil qui ne pouvait que me plaire et c'est amusé que j'ai regardé cette ouverture qui voit tout le monde s'amuser, en groupe, d'une manière absolument factice mais appréciée par tout le monde. Le film commence par un banal triangle amoureux qui dans un premier temps, ne m'a pas convaincu : la fille qui doit choisir entre deux prétendants qui, évidemment, n'ont pas le même parcours et les mêmes aspirations, cela fait un peu cliché, non ? Oui... mais les clichés, quand ils sont bien maniés, nous rappellent qu'ils ne viennent pas de nulle part et qu'on peut construire dessus une réflexion loin d'être inintéressante.

C'est exactement ce que fait ce film qui, pris par morceau, pourrait être exaspérant mais qui petit à petit irrigue son histoire d'une réflexion assez sinistre sur la condition humaine ce qui ne pouvait que me parler (allez savoir pourquoi, j'ai une vie très heureuse et pourtant les films "think positive" ont le don de m'agacer...). Le personnage principal parcours le film avec une certaine distance qui est renforcée par les longues ellipses qui laissera chacun se faire son idée des années qui passent... idem pour les personnages qui apparaissent ou disparaissent sans que l'on sache ce qu'ils adviennent : cela rappelle des amis que l'on avait et que l'on a perdu de vue, qui ont eu une influence sur nos choix de vie, que l'on a sûrement penser garder proche de soi indéfiniment mais que l'on a petit à petit perdu, que l'on retrouvera avec un pincement au coeur, que l'on aidera au besoin mais avec qui finalement le lien s'est cassé.

Une histoire de liens qui se cassent... oui, ce pourrait être le sous-titre de ce film si l'on prend l'histoire du père ou du fils qui voient aussi les liens de disloquer.Tout cela pourtant avec doigté malgré l'utilisation de ficelles parfois faciles que ce soit dans l'utilisation des outils (le coup du téléphone portable qui apporte que des bonnes nouvelles puis qui ne peut qu'apporter de mauvaises), les petites punchlines qui semblent avoir été tellement pensées à l'avance que cela se voit (vous avez dit Google translation ?) ou la description de certains personnages... cela permet simplement d’appréhender le parcours du personnage principal au fur et à mesure qu'elle avance dans la vie.

Sans grand discours on "comprend" la vie de cette femme qui n'a fait ni de bons ni de mauvais choix... elle a fait des choix comme nous sommes tous obligés d'en faire. Il n'y a pas de regrets mais un sentiment d’inéluctabilité assez terrible qui s'abat au moment du générique... Le film est une sorte de lente infusion qui amène, sans y toucher, vers une scène finale qui semble tellement facile après coup que je n'arrive toujours pas à analyser comment j'ai pu la ressentir aussi fortement : on est là, avec elle et la chair de poule vient autant de cette musique, de ce décor, de ce ressenti qu'il n'y avait pas d'autre fin possible.

Bref, le film pourra rebuter mais il y a de quoi picorer sur de nombreux thèmes et j'ai trouvé amusant ce "combat" mené pendant tout le film, non pas que j'y étais allé avec l'idée de le dézinguer mais très clairement le début m'a paru un peu gnangnan et petit à petit, sans rien voir venir, je me suis laissé submerger. Le film rentrera en tout cas dans mon Top6, au côté de "Hungry Hearts", "Réalité", "Le Challat de Tunis", "Valley of love" et "Tale of Tales", ces rares longs métrages qui m'auront procuré des émotions au cinéma lors de cette année 2015. Quelle sera sa place finale ? Peut-être pas la première mais une place dans le Top10 me parait assurée.
.O.


Première :
¤ ¤ ¤
 
Studio / Ciné Live :
# #
.O.
Zhang-Ke jongle avec les sous-intrigues, sacrifie ses personnages et use de ficelles scénaristiques pour nous amener vers sa troisième et dernière partie.
.O.

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