Prisoners

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Réalisateur :
  Denis VILLENEUVE
Acteurs :
  Hugh Jackman, Jake Gyllenhaal, Viola Davis, ...
     
Genre :
  Thriller
Durée :
  2 h 30
Date de sortie :
  09/10/2013
Titre original :
  Prisoners
 
Note "critique" :
  2,87
 Classement 2013
  50 / 163

Résumé :
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Dans la banlieue de boston, deux fillettes de 6 ans ont disparu. Le detective qui mène l'enquête privilégie la thèse du kidnapping. Un suspect est arrêté mais vite relacher. Keller, le père d'une des deux enfants, est alors aveuglé par son désir de vengeance.
.O.

Xavier
@ @

.O.
22/10/2013
Voici le cas typique des films dont on entend que du bien, que ce soit par la presse ou via des amis aux profils assez divers pour se dire qu’en effet, c’est une pépite qu’il faudra trouver le temps de caser dans un emploi du temps bien chargé en ce moment… le problème c'est que lorsque j'ai autant d'attentes, je sors souvent déçu de la salle et il faut attendre quelques jours pour que je fasse le tri entre ce que j'attendais et qui n'était pas là et ce qui donne quand même au film sa force. Pour cela, rien de mieux que de laisser le film cheminer lentement dans mon esprit, quelques jours de délais entre la vision et l'écriture de la critique n'étant pas de trop (le phénomène ayant été exactement le même pour "La vie d'Adèle, chapitre 1 et 2" ce mois-ci).

Du coup, quel sentiment garder ? la déception lorsque je suis sorti de la salle ne m’avait pas paru incompréhensible : lors des diverses lectures de commentaires sur le forum d'Allociné, la phrase "le meilleur Thriller depuis « Zodiac » de David Fincher" m'avait refroidi puisque ce film ne m’avait pas emballé (loin de là). Un coup d’œil sur le réalisateur m'a également rappelé que son précédent film, « Incendie », avait bénéficié d’un scénario ultra solide mais que, malheureusement, il n'était pas servi par des acteurs ultras convaincants. Qu'est-ce qui clochait cette fois ? Pas de problème cette fois avec le duo Hugh Jackman / Jake Gyllenhaal, le premier étant quasiment méconnaissable pendant que le second se débat de façon moins subtile avec un rôle qui lui demande d'être à la fois présent et transparent (on n'a aucune accroche avec ce flic, on ne connait rien de lui...).

Tout irait bien ? Pas tant que ça : on m’avait prédit des millions de fausses pistes et une atmosphère poisseuse à souhait et j’ai trouvé le film trop simple du point de vue de l'enquête avec un flic autant à côté de la plaque que le père ce qui les fait tous les deux passer complètement à côté de la résolution du problème. Voilà, je m'attendais à une véritable enquête et finalement Denis Villeneuve botte en touche en décentrant son étude : ce n'est pas le policier qui l'intéresse mais le père qui focaliser toute son attention (la mère est rapidement envoyée dans les vapes et le couple d'amis est suiveur et peu intéressant) et celle des gens qui l'entourent, policier y compris.

Jusqu'où peut-on aller pour retrouver son enfant ? Quelle est la place du père dans la famille ? Le discours de la mère ("tu es là pour nous protéger"), celui du grand-père ("s'attendre au meilleur, prévoir le pire"), celui du père lui-même... tout converge vers l'image de l'homme fort qui a le devoir (et le droit ?) de tout écraser sur son passage. Drôle d'idée mais en lui confrontant des figures masculines complètement effacées (le flic, le père de la seconde fillette), les scénaristes semblent lui donner raison jusqu'à une fin qui essaye de se rattraper alors que le mal est déjà fait.

Et voilà, je repasse dans un "rejet" de ce film face auquel je n'arrive pas à me positionner : si je vois ce qu'à voulu faire Remi Villeuve, je n'ai pas réussi à adhérer pleinement et l'illustration de cette situation qui fait quand même passer les policiers américains pour des gros boulets (la fouille d'un jardin est faite sur 5m² ? bravo les gars !) et ignore volontairement les signaux qui clignotent continuellement en direction des spectateurs...

Bref, "prisoners" n'est pas un mauvais film mais je n'ai pas trouvé ce que j'attendais dedans... je vous propose donc ci-dessous la critique faite par un autre intervenant du forum, qui va souvent bien plus loin dans son analyse que moi. En la lisant, j'admire le style et me dis qu'il a trouvé bien plus de choses que moi dans ce film... j'espère que ça sera votre cas aussi :o)




Critique de Thrasybule :

J'ai donc vu Prisoners de Villeneuve qui avait déjà marqué les esprits pour son film Incendies. Malgré le choix d'un genre à première vue beaucoup plus académique et convenu que ce dernier, il s'inscrit finalement dans la même démarche: l'indécision des frontières entre le bien et le mal, la réversibilité des rôles de bourreau et de victime, la fragilité de l'édifice morale et l'infinie fragilité de la conscience humaine face au malheur qui la révèle à son chaos fondamental.

Dans une narration rigoureuse et d'un grand classicisme, il s'empare des codes du polar et de son avatar: la traque d'un serial-killer, épouvantail convenu de l'imaginaire filmique occidental, bouc émissaire fantasmatique dont la traque et et le sacrifice permet, dans le florilège des films qui le mettent en scène, à la communauté de se ressouder autour de ses valeurs fondamentales. Tous les clichés du "vivre-ensemble" sont savamment égrenés au départ du film: deux familles, une blanche, une noire, réunies lors du Thanksgiving, célébrant les vertus de l'American Way of Life ( le père de famille s'essaie maladroitement à la trompette à l'hymne national, déjà des fausses notes dans ce bel ordonnancement), de la cellule nucléaire familiale, de l'harmonie sacralisant en apparence la paix communautaire.

L'enlèvement des deux fillettes va faire basculer dans le chaos l'ordre préétabli, faire vaciller les certitudes et tous les repères sur lesquels étaient édifié cet univers: une mère qui sombre dans la catalepsie médicamenteuse, un père qui perd pied dans la folie de la justice personnelle, un coupable identifié rapidement, attardé mental surprotégé par une mère déjà cabossée par l'existence, bien sûr la figure de l'enquêteur, joué par Gyllenhaall, absolument extraordinaire ( et du coup, extrêmement laid dans ce film, pataud et bovin avec les yeux exorbités). C'est d'ailleurs le seul qui échappe à une quelconque épaisseur psychologique: on ne sait rien de identité en-dehors de sa fonction sociale, il semble échapper aux liens familiaux qui surdéterminent les autres personnages, il est d'une opacité presque fascinante. Je ne veux rien dévoiler pour ne pas pas déflorer en quoi que ce soit l'intrigue mais l'ensemble du film est construit dans un climat permanent d'oppression ou d'hostilité, notamment dans l'alternance entre des séquences extérieures balayées par une pluie continuelle et des intérieurs dont le dénominateur commun est la fermeture asphyxiante ( maisons aux espaces étouffants, lieux d'interrogatoire sans fenêtres ) ou le sentiment d'horreur ( taudis abject, ou sorte d'infra-territoire constitué de caves ou de fosses). On a l'impression que le réalisateur dessine ainsi toute une cartographie de la psyché américaine en opposant surface et profondeur : surface de l'uniformité sociale ( réduplication des pavillons, répliques d'un même schéma normatif ) avec le même vide omniprésent et périphérique ( les routes, les paysages glacés ) et la profondeur du chaos qui menace et se révèle dans le trauma qui constitue l'événement initial du film.

C'est bien sûr la figure du labyrinthe ( image en réduction du film lui-même, où le spectateur se perd en permanence mais aussi figure des contradictions internes des personnages ) qui est centrale et qui se trouve matérialisée à plusieurs reprises dans la deuxième partie du film, de manière, parfois, un peu trop explicite il est vrai.
J'espère que je n'ai rien dévoilé!

.O.


Première :
¤ ¤ ¤
 
Studio / Ciné Live :
# # # (+)
.O.
La mise en scène de Denis Villeneuve (Incendies) vient, elle, souligner le questionnement profond du film sans abuser des subterfuges propres aux thrillers. Ici, l'idée est moins de surprendre le spectateur que de le rendre témoin de la lente métamorphose humaine devant un drame. En revanche, si la longueur du film sied à ce développement, le dénouement est moins réussi. À vouloir trop expliquer, le cinéaste perd en originalité.
.O.

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