La vie domestique

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Réalisateur :
  Isabelle CZAJKA
Acteurs :
  Emmanuelle Devos, Julie Ferrier, Natacha Régnier, ...
     
Genre :
  Drame
Durée :
  1 h 35
Date de sortie :
  02/10/2013
Titre original :
  La vie domestique
 
Note "critique" :
  2,83
 Classement 2013
  4 / 163

Résumé :
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Juliette n'est pas enthousiaste à l'idée de venir habiter dans cette banlieue résidentielle et chic des environs de Paris. Les femmes qui y vivent sont pour la plupart, des quadragénaires qui élèvent leurs enfants et entretiennent leur intérieur. Oui vraiment, juliette ne veut pas deveir l'une d'elle.
.O.

Xavier
@ @ @

.O.
05/10/2013
Je n’ai pas succombé à la mode des séries américaines puisque je passe peu de temps devant ma télé (il faut bien faire des choix et la priorité va depuis un moment au cinéma et au sport quand les blessures ne viennent pas me rappeler que je dois être sponsorisé par la croix rouge…). Du coup, pas de « Desperate Housewives » pour moi, cette série qui s’est intéressé entre 2004 et 2012 pendant 180 épisodes à la vie de ces femmes au foyer américaines qui paraissent bien vide dans un premier temps mais se révélèrent pleines de piquant.

Je précise car j’ai déjà lu certaines critiques comparant le film à la série alors que cela ne me parait pas vraiment pertinent puisque « la vie domestique » vous embarquera dans un voyage unique d’1h40 qui sera, à mon avis, bien plus dérangeant que ce que peut proposer une série américaine assez grand public.

En choisissant de se placer en France (le film est adapté d’un bouquin anglais si j’ai bien compris, "Arlington Park" de Rachel Cusk) Isabelle Czajka se démarque de suite et propose une réflexion sur la vie rêvée de beaucoup de citadins : deux enfants, une belle maison avec jardin et pas de problème d’argent a priori… que demander de plus ?

Bonne question à laquelle le spectateur est amené à réfléchir en suivant la vie d’un couple composé de Laurent Poitrenaux (avec ses faux airs de Gilbert Melki, acteur que j’apprécie mais qu’on ne voit quasiment plus) et d’Emmanuelle Devos qui retrouve la force qu’elle dégageait dans ses meilleurs films ( « Sur mes lèvres » et « A l’origine », à mon humble avis ) ce qui fait vraiment plaisir.

La vie de cette petite ville ou tout semble parfait (école à 5 minutes à pied, jardin pour les enfants, grande maison ou chacun à sa chambre) se révèle un parfait piège dans lequel se retrouvent tous les personnages : les diners où l’on se rend par obligation, les discours de façade que l’on doit tenir pour ne pas froisser untel ou untel, les rêves d’ailleurs que l’on projette sur les autres à défaut de pouvoir les vivres… et cette impression d’être dans une spirale qui aspire tout le monde vers un modèle unique qui ,petit à petit, nie la personne qui finira par devenir un petit fantôme sans (en)vie.

Il n’y a pas de méchants ou de gentil, tout cela partant des meilleurs sentiments possibles. Qui ne rêve pas d’une vie bien rangée? Les voyages et la vie dans l’incertitude, c’est fun un certain moment, c’est marrant quand on est en pleine santé et qu’on arrive à se débrouiller avec quelques ressources mais rarement toute une vie… Faut-il alors se résigner ? Surtout pas ! Il faut alors chercher le juste équilibre, si facile dans les films et dans la théorie mais bien plus compliqué dans la réalité.

Est-ce que ce couple s’aime ? A priori oui… alors pourquoi tout part en quenouille ? Peut-être par manque d’optimisme de la part des personnages : entre la femme toujours inquiète et le mari dont l’état d’esprit ne fait rien pour changer ça, on sent rapidement que la question du travail va poser problème… On aurait envie de savoir ce qui a fait abandonner le métier de prof à Emmanuel Devos et, en même temps, on peut-être sûr que cette décision a été réfléchie par le couple, quelle semblait excellente avec cette possibilité d’écrire des articles et donc de ne pas décrocher totalement du monde du travail. On est certain qu’au moment de ce choix le couple était dans cet état d’esprit positif qui fait qu’on est plein d’espoir dans le futur, qu’ils avaient cette quasi-certitude que ce ne serait que temporaire. Quelques années plus tard, ce manque de lucidité (mais doit-on toujours s’attendre au pire pour être lucide ?) se paye cher quand les stéréotypes viennent appuyer une situation que l’on voudrait changer.

Les deux autres couples présentés seront moins développés mais en quelques scènes les scénaristes font mouche. Un canapé d’un côté, l’arrivée d’une jeune fille aux pairs de l’autre, des éléments anodins qui feront éclater au grand jour le malaise ressenti par ces personnages qui étaient surement pleins de rêves dans leur jeunesse…

Côté mecs, noyés dans le boulot plus ou moins volontairement , la vie ne semble guère plus fun et si les stéréotypes arrivent rapidement (moi j’ai bossé toute la journée …) on ne les sent pas épanouis et plus heureux que leurs femmes. Embarqués eux aussi dans les attentes que l’on a d’eux, ils finissent par se confondre en une image de l’Homme avec un grand H sans avoir de personnalité propre.

La Vie domestique est donc un mélange acide au possible et il ne faudra pas aller voir ce film si vous êtes déprimé et cherchez un long métrage pour vous changer les idées… la vision en couple risque de déclencher de longues discussions mais n’est-ce pas la force du cinéma ? Personnellement, j’ai vraiment été embarqué dans l’histoire et si certains développements sont un peu trop attendus, cela ne fait que renforcer l’histoire puisqu’on attend des personnages une rébellion face à cette situation tout en se demandant s’ils en seront capables.

« Blue Jasmine » nous parlait de deux femmes « paumées » ? « La vie domestique » vous en offre trois et Woody Allen est enfoncé d’autant plus que j’ai vu les deux films à la suite : pas de grand discours ici mais des rêves de vie idéale brisés alors même qu’ils sont atteints… cela fait réfléchir à nos propres attentes comme le fait très justement remarquer la grand-mère qui est déjà passée par là. Ce n’est pas réjouissant pour les rapports humains mais ça vaudra @@@ dans mon classement et surement une place dans le Top10 annuel :)
O.


Première :
¤ ¤
 
Studio / Ciné Live :
# # # (+)
.O.
Pour Emmanuelle Devos, réaliste sur ses propres chaînes, comme pour le spectateur, prisonnier avec elle dans ce mirage de bonheur familial. Alors, si le moindre détail de scénario semble s'échiner à en surligner le propos, lorsque le malaise vire à la nausée, on comprend qu'Isabelle Czajka a atteint son objectif. Il faut ce qu'il faut. 
.O.

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