La Vie d'Adèle Chapitres 1 et 2

xxx
xxx
 
Réalisateur :
  Abdellatif KECHICHE
Acteurs :
  Léa Seydoux, Adèle Exarchopoulos, Salim Kechiouche, ...
     
Genre :
  Drame
Durée :
  3 h 00
Date de sortie :
  09/10/2013
Titre original :
  La Vie d'Adèle Chapitres 1 et 2
 
Note "critique" :
  3,66
 Classement 2013
  41 / 163

Résumé :
.O

xx
.O
Adèle est adolescente et ne se pose pas de question, les histoires d'amour c'est avec les garçons de son lycée... jusqu'à ce qu'elle croise une fille aux cheveux bleus.
.O.

Xavier
@ @

.O.
09/10/2013
Se lancer dans un film de plus de 3h au cinéma est assez rare et j'ai tenté le coup avec la Palme d'Or du dernier festival de Cannes que j'ai vu le jour de sa sortie pour ne pas avoir la désagréable surprise de lire un article qui raconterait toute l'histoire au point de me gâcher le film (comme ce fut le cas avec "La graine et le mulet", le critique du monde étant un idiot qui n'avait rien trouvé d'autre que d'analyser toutes les scènes clefs dans sa critique du film). Un petit coup d'oeil à gauche, un autre à droite... l'ambiance est feutrée dans l'UGC Ciné Cité et ça me fait penser aux voyages en avion quand ceux-ci durent plus de 5-6 heures : bien que l'on n'échangra pas un mot avec les voisins des autres rangés, on les observe avant le décollage (en général à la recherche des petits gamins qui vont nous casser les oreilles dans les heures suivantes !). Enfin, j'attends avec impatience que les lumières s'éteignent et j'espère de tout coeur retrouver le souffle de "L'esquive", le second film de M. Kechiche, qui avait terminé N°1 de mon année et que j'avais encensé un an avant la majorité des critiques ;-)

Qu'en est-il trois heures plus tard ? Le sentiment qui domine est celui de la déception : comment ce film a pu avoir la Palme d'Or alors qu'il est bien moins bon que "L'esquive" ? la selection était-elle aussi faible que cela ? En fait, nous ne sommes pas loin de la vérité le seul film que j'ai vu cette année parmi les sélectionnés en compétition officielle et qui lui serait supérieur "Michael Kohlhaas" ("Liberace", "Only God Forgive", "GrisGris", "Jeune & Jolie" et "Le passé" n'auraient pas mérité davantage la récompense suprème) et en compétition parallèle "La vie domestique".

Qu'est-ce qui me gêne dans ce looong film ? le fait que le "style Kechiche" soit aussi visible : les gros plans, on sait que c'est du classique, les scènes qui dure plus que nécessaire aussi, les engueulades à vous faire perdre un tympan, aussi... mais aussi les explications en mode scolaire via la lecture de texte et leur décorticage en cours, les scènes magiques comme celle du baiser qui éclipse le soleil ou d'autres beaucoup moins remarquables mais quand même laissés pour nous faire "vraiment" partager la vie de l'héroïne.

Le nom du réalisateur serait caché en début de projection, on ne mettrait pas 3 minutes à le dévoiler et cela se retrouve également dans le choix des acteurs et leur direction : quand on voit la fadeur de Léa Seydoux dans "Grand central" comparé à son rôle ici, on comprend qu'un acteur doit être dirigé et que M. Kechiche fait cela de main de maitre. Idem pour Adèle Exarchopoulos aperçue depuis 2007 dans divers longs métrages ( "Les Enfants de Timpelbach", "La Rafle" ou "Chez Gino") mais qui explose littéralement ici puisqu'elle est de quasiment tous les plans.

On retrouve donc toutes les qualités du réalisateur mais il y a comme un arrière-gout de déjà vu et le film ressemble à des montagnes russes plutôt qu'à une grande descente tout schuss depuis le haut des montagnes. Il faut du temps pour rentrer dans l'histoire et le début du film pioche un peu... on attend que ça démarre vraiment et du coup les "tics" du réalisateur ressortent comme le nez au milieu de la figure : on a compris qu'Adèle va pleurer souvent, oublier de se moucher et avoir la bouche à moitié ouverte constamment... en même temps c'est montré avec tellement peu de subtilité qu'on peu déjà réfléchir aux nombreuses interprétations que chacun fera de cette façon d'être... si comme Adèle on est happé par la première apparition de Léa, on sent que la suite est plus compliquée et globalement les deux premières heures paraissent longuettes.

Était-ce volontaire pour nous faire apprécier davantage la 3ème et dernière heure ? Ce serait sadique :-p toujours est-il que la peinture d'Adèle et Léa laisse un peu sur sa faim par son absence de mesure : l'une sera dépendante et servile pendant que l'autre sera une locomotive puissante et indépendante qui écrasera tout sur son passage... l'illustration se fait en plusieurs tableaux qui font parfois mouche mais qui font, au final, très scolaire dans la démonstration... Même chose pour les scènes ou Adèle et Léa font l'amour... la presse dit que le réalisateur a voulu montrer l'amour homosexuel de la même manière que l'amour hétérosexuel mais je me demande quelle aurait été la réaction si dans un autre film on avait eu des scènes aussi longues... quel est réellement le but, voir des spectateurs qui regardent leur voisin d'un air étonné ? En voir d'autres mal à l'aise ? Une fois pourquoi pas... deux fois... et même trois fois ? Est-ce qu'on nous prendrait pour des idiots qui n'arriveraient pas à intégrer le message ? Allez savoir...

C'est terrible car finalement ce film suscite en moi le même sentiment que Léa pour Adèle : j'avais envie de l'aimer mais il ne fait rien pour cela, il sonne même parfois faux dans certaines scènes mais je ne peux me résoudre à donner d'autre explication pour cela que "c'était une véritable volonté du réalisateur pour aider à faire passer ses idées"... certes, mais où est passé la subtilité de "l'esquive" ? avait-on besoin d'autant de temps pour développer une histoire qui est finalement résumée parfaitement dans les 60 secondes de la bande-annonce ? Serait-ce trop demander qu'un peu de subtilité dans le traitement des personnages (qui font quand même ultras clichés) ?

M. Kechiche arrive à toucher au cœur à certains moments du film mais globalement je suis ressorti frustré devant cette "vie d'Adèle" qui emprunte trop souvent les chemins de la facilité alors que j'attendais un film grandiose qui se fait attendre, se laisse parfois découvrir mais se referme avant qu'on l'ait attrapé. Peut-être qu'à la fin de l'année j'augmenterais la note, peut-être pas, le souvenir de cette déception, ressentie au moment où je suis sorti de la salle, sonnant comme un rappel sur les qualités très inégales du film qui est singulier mais n'est pas parvenu à me faire chavirer :-(
.O.


Première :
¤ ¤ ¤ ¤
 
Studio / Ciné Live :
# # # # #
.O.
Oui, Abdellatif Kechiche a tout compris. Dans le tourbillon de La vie d'Adèle, la jeune comédienne Adèle Exarchopoulos, 19 printemps à peine, s'épanouit, beauté sauvage et mèches en pagaille, désarmante de naturel, faisant corps avec ce destin ordinaire qui a désormais chamboulé le sien à jamais. Face à elle, Léa Seydoux oscille, épatante, entre séduction, douceur et rudesse. Elles se cherchent, s'apprivoisent, fusionnent, se rejettent. Ensemble, elles font passer trois heures à la vitesse d'une comète. Le temps ne semble pas avoir de prise sur ce chef-d'oeuvre qui entre illico dans l'histoire du cinéma. Était-ce un mirage? Non, un miracle.
.O.

Ajouter un commentaire

Votre note :

0
1
2-
2
2+
3
4
Nom :
E-mail :
Votre site web :
Titre :
Commentaire :
:)   :)
:(   :(
:grr:   :grr:
?!?   ?!?
Veuillez recopier ce code (4 lettres) :

Retour Accueil