Les Neiges du Kilimandjaro

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Réalisateur :
  Robert GUEDIGUIAN
Acteurs :
  Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan, ...
     
Genre :
  Comédie dramatique
Durée :
  1 h 45
Date de sortie :
  16/11/2011
Titre original :
  Les Neiges du Kilimandjaro
 
Note "critique" :
  3,50
 Classement 2011
  2 / 104

Résumé :
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Un couple de trente ans, ouvrier et militant, se fait dérober une grosse somme d'argent au cours d'une agression traumatisante. L'identité du voleur les place face aux contradictions de la société. Retour du réalisateur de "Marius et Jeannette" à l'Estaque.
.O.

Xavier
@ @ @ @

.O.
09/12/2011

Un « pitch » inconnu, un titre peu parlant, une affiche au diapason et deux avis contradictoires dans le courrier des lecteurs de Télérama ? Niveau communication, je ne devais pas être dans le cœur de cible visé par les gars qui ont assuré la publicité du film car j’ai vraiment failli passer à coté. Pourtant, le casting avait de l’allure et le réalisateur n’était pas un inconnu avec ces nombreux films (13 en 18 ans) qui trouvent plus ou moins leur public (je n’ai vu que « le promeneur du champ de Mars » alors que son plus gros succès doit être "Marius et Jeannette" qui avait dépassé le million de spectateurs en 1997).

Enfin, je me retrouve à Odéon, dans une petite salle en « pente inversée » (ça se fait encore ?), qui est proportionnellement bien remplie, et je n’ai toujours pas d’idée précise sur ce que je vais voir, le petit résumé du Pariscope ne donnant qu’une situation de départ sans dévoiler les développements possibles.

Serai-ce une thématique proche de "Funny game", le film de Michael Haneke qui avait fait parler de lui en 1997 et qui avait eu les honneurs d'un remake américain 10 ans plus tard sur le mode "changement d'acteurs mais mise en scène identique au plan près" ce qui m'avait permis de découvrir ce film bien moins dérangeant que ne voulait le prétendre les critiques ? Peut-être… mais au moment où les lumières s’éteignaient je ne pensais pas m’embarquer dans un film de si bonne tenue.

« Les neiges du Kilimandjaro » est excellent car il n’impose rien : pas de manichéisme mais des sentiments contradictoires tout au long du film qui empêchent le spectateur de juger les personnages en deux secondes. En choisissant des protagonistes du même milieu social d'origine (précision qui a son importance), de la même ville, du même « moule », Robert Guediguian s'affranchit et affranchit le spectateur d'un bon nombre d'à priori : dans l'idéal, quand les conditions initiales d'une expérience sont identiques, le résultat final est le même... Mais changez une variable (ou plus) et vous trouverez des résultats radicalement différents. Normal d'un point de vue scientifique ? D'autant plus lorsqu'il s'agit des sciences humaines !


Avec ses deux couples, Guediguian aurait pu tomber dans l'étude de cas « facile », entre celui qui pardonne, celui qui veut se venger, celui qui n’arrive pas à oublier… 4 personnages, 4 possibilités mais chacune est plus fine qu’on ne pourrait le penser et les personnages évoluent de manière vraiment intéressante ce qui fait évoluer la position du spectateur sur les évènements qu’il voit à l’écran.

On pourra regretter la fin un peu trop « grosse » mais là encore, elle reste ouverte car elle ouvre sur de nouvelles questions qui ne manqueront pas de se poser dans les années à venir… et on se prend à rêver de retrouver les protagonistes dans 5-10 ans pour voir quel aura été leur évolution…

Vous l’aurez compris, ces « neiges du Kilimandjaro » a été pour moi un petit électrochoc : le combat de boxe était inattendu avec ce titre de film qui appelait au voyage exotique… on se retrouve à l’inverse avec un voyage intérieur, des questions et pas vraiment de réponse et un film qui marque ce qui est de plus en plus rare aujourd’hui. Quand vous lirez cette critique il ne sera surement plus en salle mais je vous le recommande chaudement si vous n’êtes pas en quête d’un moment de « détente pure » (ce que le cinéma peut aussi proposer) mais plus ouvert à un moment de réflexion sur le monde qui vous entoure.

P.S. : revoir Julie-Marie Parmentier 10 ans après « les blessures assassines » et « No et moi » n’enlève rien aux qualités de ce films :o)
.O.

Première :
¤ ¤ ¤
 
Studio / Ciné Live :
# # # # (+)
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Sur ce thème des exploités acculés à devenir exploiteurs, Loach avait signé un drame puissant It's a Free World. Guédiguian s'aventure, lui, sur le terrain gonflé du conte moral, du mélo solaire qui brandit les valeurs qui sont les siennes depuis toujours - solidarité, courage, résistance - sans jamais basculer dans une mièvrerie condescendante. Tout comme ses personnages, il se confronte à ses propres contradictions, à ce que sont devenues les valeurs qu'il défendait à l'âge de l'agresseur de ce couple. Jusqu'où doit vous porter votre générosité ? Faut-il tendre l'autre joue au nom du respect d'autrui ? Réunissant un casting parfait mêlant habitués (Darroussin, Ascaride) et nouveaux (Demoustier), il signe une oeuvre populaire à l'humanité joyeuse et bouleversante. Son cinéma fait rimer engagement et sincérité. Et ne bégaie jamais. Ce sommet enthousiasmant de sa carrière en appelle d'autres ! 
.O.

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